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Ce blog sera consacré à notre Histoire du monde de 500 ans avant JC jusqu'au 19 ème siécle après JC! Vous pourrez voir différentes personnalités plus ou moins connues qui ont marquées les pensées anciennes et les pensées actuelles! Bonne visite!
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#Posté le vendredi 20 octobre 2006 07:10

Modifié le dimanche 19 novembre 2006 01:58

Christophe Colomb

I. De Gènes à Lisbonne.

En 1451 serait né à Gènes, Cristoforo Colombo, l'aîné des quatre fils d'un couple de tisserand, Domenico et Susana Colombo. La République de Gènes est alors à son apogée. Elle doit sa richesse grâce au commerce avec l'Orient. Le port de Gènes accueille les nombreux navires qui sillonnent la Méditerranée.
Le jeune Cristoforo se destine au métier de lainier qu'il apprend de son père. Mais il ne peut s'empêcher de regarder les navires aller et venir dans le port.
Les frères Centurioni, les plus gros banquiers de la République, cherchent de bons vendeurs intrépides qui ne craignent pas la mer, et engage Cristoforo Colombo. Il réalise alors son premier voyage maritime vers l'île de Chio en Mer Egée. Puis il se rend à Madère pour y ramener du sucre et part à Tunis pour chercher des épices.
En 1476, les Turcs prennent le port de Gaffa et bloquent les voies commerciales vers l'Orient. Les banquiers génois se tournent alors vers l'Atlantique, l'Afrique du nord et l'Europe. Le 1er Août, le Bechalla, navire marchand où se trouve Cristoforo, est envoyé par le fond par une escadre française. Cristoforo saute à la mer et gagne, accroché à une épave, les côtes portugaises.
Quelques jours plus tard, Cristoforo Colombo est à Lisbonne où il devient Cristovao Columbo. Les marins portugais maîtrisent déjà les voyages en haute mer. Pour se rendre à Mina, en Guinée, d'où ils ramènent de l'or, des épices et des esclaves, ils s'éloignent de la côte et doublent très au large des îles du Cap Vert afin de retrouver des vents favorables pour le retour. Colomb, tout en continuant de travailler pour les frères Centurioni, se passionne pour la cartographie, la cosmographie et les sciences maritimes. Il lit de nombreux ouvrages et l'étude de Ptolémée lui apporte la certitude de la rotondité de la terre. Peu à peu il est persuadé qu'il existe une route à l'ouest, au delà de l'Atlantique, vers les Indes.
Au cours d'un voyage en automne 1476 au large de l'Irlande, Colomb observe les marées les plus importantes qu'il n'ait jamais vues. Seule l'existence de terres expliqueraient se phénomène. Dans les tavernes irlandaises il prend connaissance des récits vikings qui, 500 ans plus tôt, auraient découvert une terre qu'ils nommèrent Vinland. "En l'an mil, Leiv Erickson, fils d'Erick le rouge, navigant vers le Groenland, toucha Terre-neuve dont ils fut chassé par les indigènes trois ans plus tard. Les Viking retrouvèrent la route de leur patrie mais oublièrent le chemin qui menait à Vinland (Labrador)".
En 1480 Colomb s'installe avec son épouse, Doña Felipa, à Porto Santo, près de l'île de Madère. Il navigue vers les côtes africaines et étudie les vents et les courants venus de l'ouest. Plusieurs questions l'intriguent : d'où viennent les pommes de pin rejetées par la mer ? Pourquoi pousse-t-il des plantes et des fleurs à Madère et nulle part ailleurs ? D'où proviennent ces étranges sculptures en bois que les marins ont recueilli en haute mer ? Christophe Colomb en est persuadé: il existe une terre à l'ouest. Désormais, il ne vit plus que dans l'idée de découvrir cette nouvelle route qui le fera arriver aux Indes. Mais utilisant les milles italiens au lieu des milles arabes, ses calculs lui font placer la Chine à l'emplacement du continent américain, dont il ignore l'existence.
Colomb entreprend de convaincre le roi du Portugal, Jean II, de son entreprise pour découvrir une nouvelle route des Indes. Le roi lui accorde une audience mais préfère s'en tenir aux voyages le long de la côte africaine. Procédant ainsi, les navigateurs portugais espèrent rejoindre les Indes en contournant l'Afrique par le sud.

II. Colomb en Espagne.

N'ayant pu convaincre le roi du Portugal, Christophe Colomb se rend en Espagne pour faire part de son projets aux souverains espagnols. En 1484 il obtient une entrevue avec le prieur du monastère de la Rábida (Huelva), Juan Perez, qui se trouve être le confesseur de la reine Isabel la Catholique. Cet homme d'Eglise se montre très intéressé par le projet de Colomb et arrange un rendez-vous avec la reine d'Espagne.
Colomb impressionne beaucoup la reine Isabel. Elle est séduite tant par sa prestance que par les récits qu'il lui fait, décrivant des navires chargés d'or et d'épices. Malheureusement, la guerre de reconquête qu'elle mène contre les Arabes est plus urgente. Les projets de Colomb sont remis à plus tard.
Le 1er Janvier 1492, les rois catholiques prennent la ville de Grenade et en finissent avec la domination Arabe en Espagne. C'est l'euphorie dans tout le royaume et Isabel réussi à convaincre son époux, le roi Ferdinand, de financer le voyage de Christophe Colomb. Le 17 Avril 1492, le roi signe les "Capitulations" de Santa Fé, faisant de Colomb Grand Amiral de la Mer Océane, Vice-Roi des Indes, propriétaire et gouverneur de toutes les terres qu'il découvrira.
A Palos de Moguer (Huelva), Colomb doit recruter son équipage. Mais les candidats sont peu nombreux. Effrayés par une telle expédition beaucoup de marins refusent de le suivre. Il faudra donc recruter des hommes peu recommandables. Une centaine de marins basques et andalous sont finalement engagés. Pour commander les trois frêles caravelles qu'on a bien voulu accorder à Colomb, il obtient le concours les frères Pinzón. Martin Alonso Pinzón commandera la Pinta, Vicente Yañez Pinzón dirigera la Niña tandis que Colomb sera aux commandes de la Santa María. La veille du départ, les marins se réunissent dans la petite église de Palos et se mettent à prier, effrayés par le voyage qui les attend, se remémorant les contes de montres terribles qui peuplent le grand océan.
Le 3 Août à l'aube, les trois caravelles mettent le cap vers les Canaries.

III. La traversée de l'Atlantique.


Avant le départ, Christophe Colomb avait assuré à ses compagnons qu'ils toucheraient terre au bout de 750 lieues (4000 km) et un mois de navigation. Jusqu'au 22 Août le voyage se passe comme tout le monde l'espérait. Mais certains marins commencent maintenant à avoir peur de ne plus jamais revoir les côtes espagnoles. Colomb réussi à leur redonner confiance et le voyage se poursuit sans encombres jusqu'au 6 Octobre. Il n'y a plus de vent, les navires n'avancent plus. Les marins basques, se sentant perdus, se mutinent et tentent de passer Colomb par dessus bord. Pinzón parvient à leur faire entendre raison.
Le 10 octobre, c'est la presque totalité des marins qui se mutinent. Colomb est pris à parti par des hommes qui se sentent trompés. C'est alors que l'Amiral leur propose de leur laisser le contrôle de la flotte si le vent ne se lève pas dans les prochaines heures et s'ils n'aperçoivent aucun indice d'une terre proche. Par chance un bout de bois taillé vient frôler la coque de la Pinta. Puis on recueille un rameau porteur de petites fleurs. Cela ne fait plus aucun doute, la terre est proche.
Dans la nuit du 11 au 12 Octobre tous les yeux scrutent l'horizon. Il est 2 heures du matin quand un coup de canon est tiré par la Pinta. Juan Rodriguez, un matelot de Séville, a repéré la terre. Mais il ne touchera pas la prime promise par la reine à celui qui verrait le premier la terre. Christophe Colomb se l'appropriera en prétendant l'avoir vue le premier. Au lever du soleil, la vision est merveilleuse. Les marins peuvent admirer une île tropicale couverte d'une végétation luxuriante, bordée de plages de sable blanc, au milieu d'une eau turquoise. Du navire les hommes aperçoivent des hommes et des femmes nues à la peau brune.

IV. Le triomphe de Colomb.

Nous sommes le 12 Octobre 1492 quand Christophe Colomb et quelques marins mettent une chaloupe à la mer pour débarquer sur cette terre inconnue. Aussitôt arrivé sur la plage, l'Amiral se met à genoux et remercie Dieu. Puis il brandit l'étendard de ses souverains et sort son épée pour couper quelques rameaux. Par ce geste il signifie sa prise de possession de cette terre aux noms d'Isabel la Catholique et Ferdinand d'Aragon.
Les indigènes accueillent les espagnols avec beaucoup de gentillesse. Intrigués par les vêtements de ces étrangers, ils les observent avec beaucoup d'étonnement. Les barbes hirsutes des espagnols les troublent également. Ce sont des indiens Tainos qui peuplent l'archipel des Bahamas. Leur île s'appelle Guanahani. Mais Colomb la rebaptise San Salvador, en l'honneur de Dieu et fidèle à la promesse qu'il avait faite à la reine Isabelle, d'aller porter la parole divine par delà l'Océan.
Christophe Colomb est sous le charme de la beauté de cette terre et de la gentillesse de ses habitants. Mais ce qui l'intrigue le plus, c'est l'anneau en or que les hommes portent au nez. Sa mission n'est pas seulement évangélique. Il lui faut ramener en Espagne des richesses que le roi espère avec impatience. Il se met donc à rechercher de l'or dans l'île. Mais il n'en trouve que très peu. Conversant tant bien que mal avec les indigènes, Colomb croit comprendre qu'il trouvera ce métal en abondance dans les autres îles avoisinantes. Il reprend donc la mer et découvre une grande île qu'il baptise Hispaniola (Saint Domingue).
La veille de Noël, c'est la catastrophe. La Santa María, revenant d'exploration, se fracasse contre les récifs de la côte nord de l'île. Avec ses restes, les espagnols construisent un fortin, baptisé la Navidad, où Christophe Colomb laisse 39 hommes qui ne peuvent embarquer dans les deux caravelles restantes. Le 4 Janvier 1493, la Pinta, commandée par Colomb, et la Niña, dirigée par Martin Alonso Pinzón, reprennent la mer pour l'Espagne. Chacun des deux navires suit une route différente et, Pinzón compte bien arriver le premier pour s'attribuer les honneurs de la découverte.
Le 15 Mars 1493, Colomb touche le port de Palos après Pinzón, qui s'est empressé d'envoyer un message à la cour pour recevoir tous les honneurs. Mais celui-ci, rongé par la maladie, meurt peu de temps après. Christophe Colomb est fêté comme un roi et décide de se rendre à Barcelone où l'attendent Isabel et Ferdinand. Il aurait très bien pu faire le voyage par la mer, mais voulant jouir des honneurs que lui fait le peuple espagnol, il entreprend le trajet par la terre, à la tête d'un cortège constitué par ses marins, des indigènes nus portant des plumes et des perroquets.
Les Rois Catholiques, quoique impressionnés par le cortège, sont déçus par les "richesses" rapportées par l'Amiral. Transis par le froid, les quelques indigènes qui ont survécu au voyage et aux maladies, font pâles figures. Les perroquets déplumés sont guère mieux lotis. Et les quelques objets en or que Colomb présente aux monarques espagnols ne suffisent même pas à rembourser les frais de l'expédition.
Cependant, le roi Ferdinand le confirme dans son rang d'Amiral de la Mer Océane et de Vice-Roi des Indes (puisque c'est cette terre qu'il prétend avoir abordé). Lui gardant toute sa confiance, le roi lui accorde de repartir pour une nouvelle expédition.

V. les trois autres voyages de Colomb.

Le 25 Septembre 1493, Christophe Colomb quitte le port de Cadix avec 17 caravelles et 1500 hommes. Des marins, des aventuriers, des hidalgos. Tous rêvent d'or et de conquêtes. Suivant à peu près la même route que durant son premier voyage, Colomb découvre les petites Antilles (Martinique, Dominique et Guadeloupe), et se rend à Hispaniola.
Mais une grande déconvenue l'attend là. Le fort incendié de la Navidad est en ruine. Des cadavres jonchent le sol. Les indigènes autrefois avenants, ne cachent pas leur hostilité envers Colomb et ses hommes. Que s'est-il passé ? Désespéré, Colomb décide de reprendre la mer. Il fonde Isabela, la première cité du Nouveau Monde. Mais les espagnols doivent affronter des tribus indigènes beaucoup plus redoutables que les paisibles Tainos de San Salvador ou les craintifs Arawaks des Antilles. Les Caraïbes qui fréquentent ces îles se révèlent être des mangeurs d'hommes.
Les espagnols supportent mal le climat et beaucoup succombent aux maladie. Et comble de malchance l'or reste introuvable. Colomb décide alors de rentrer en Espagne, confiant à son frère Bartolomé la tâche de Gouverneur.
De retour à Sé;ville en 1496, Colomb a de plus en plus de difficultés à conserver la confiance du roi. Mais il accepte de financer une troisième expédition. Le 30 Mai 1498, Colomb met le cap vers les îles du Cap Vert et après deux mois de traversée, il aborde une terre, le 31 Juillet, qu'il nomme Trinidad. Quelques jours plus tard, il est à l'embouchure d'un grand fleuve : l'Orénoque. Colomb a enfin posé les pieds sur le continent américain. Mais il fait une erreur monumentale. Croyant se trouver une fois de plus dans l'une des nombreuses îles de la Mer des Caraïbes, il ne pousse pas plus loin l'expédition terrestre. Mais comment un géographe émérite tel que Colomb a pu se tromper à ce point ? Le fleuve que Colomb a découvert a un débit si important qu'il ne peut en aucun cas se trouver dans une île mais dans un vaste continent. Ainsi Christophe Colomb ne saura jamais qu'il a découvert l'Amérique tant il est persuadé se trouver dans des archipels proches de l'Inde. Et pour lui les indigènes qui peuplent ces terres sont des Indiens.
Le 31 Août 1498, il est de nouveau à Hispaniola où la situation est catastrophique. Les hommes ont pour la plupart la syphilis et se battent entre eux. Bartolomé, le frère de Colomb, s'est révélé être un piètre gouverneur. L'Amiral retourne sa colère contre les indiens qu'il persécute et les envoie comme esclave au Cap Vert et aux Canaries.
A Cadix, la reine Isabel ne peut supporter que l'on maltraite ses nouveaux sujets. Le 25 Mai 1500, Francisco de Bobadilla débarque à Hispaniola et, sur ordre du roi d'Espagne, fait arrêter Colomb et le renvoie en Espagne, enchaîné au fond de la cale d'une caravelle. A Cadix, Colomb doit affronter la justice royale. Mais la reine lui garde encore son estime et le sauve. On lui rend son titre d'Amiral mais il perd celui de Vice-Roi des Indes. Toujours persuadé de pouvoir trouver une route vers les Indes au milieu de toutes ces îles, il réussi à convaincre le roi Ferdinand de financer un quatrième voyage.
Le 11 Mai 1502, il quitte Cadix avec 4 caravelles. Mais il va se perdre entre Hispaniola, Cuba, le Honduras et Panama, sans penser un seul instant qu'il se trouve face à un continent. En Juin 1503, épuisé, rongé par la malaria, aveuglé par le sel marin, il s'échoue en Jamaïque où il attendra un an avant qu'on le secoure.
Le 7 Novembre 1504, il débarque sans gloire en Espagne, quelques jours avant la mort de le reine Isabel. Abandonné, Christophe Colomb meurt le 20 Mai 1506 à Valladolid dans l'indifférence. Durant toutes ces années il aura vécu en pensant avoir découvert une partie des Indes alors qu'il avait en face de lui le Nouveau Monde. Mais cette découverte, un ami de Christophe Colomb, le florentin Amerigo Vespucci allait se l'approprier. En 1499 il part sur les traces de l'Amiral vers le Venezuela. En 1506, peu de temps après la mort de Colomb, il publie un récit, "Mundus Novus", dans lequel il prétend avoir touché le premier le continent en 1497. Le cosmographe allemand Waldeseemüller, trompé par Vespucci, baptisera le Nouveau Monde Americi Terra.

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#Posté le samedi 18 novembre 2006 08:43

Clovis Ier (466-511)

I. L'enfance de Clovis (466-481)

Lorsque Clovis, fils de Childéric 1er et de Bassine, respectivement roi et reine des Francs, vient au monde vers 466, l'Empire romain d'Occident vit ses dernières années et pour essayer de maintenir son pouvoir aux confins de l'Empire, il s'appuie sur la force militaire des "Barbares", dont font partie les Francs, qui sont installés dans les régions de Cambrai et Tournai.
Les Francs, dont le nom vient de « frekkr », qui veut dire hardi, courageux ou libre, se répartissent en deux groupes principaux, les Francs Saliens (nom peut-être en rapport avec le Salzsee) et les Francs Rhénans (dits Ripuaires). C'est précisément des Francs Saliens de Tournai que Childéric 1er, le père de Clovis est roi, autrement dit chef militaire reconnu par les Romains (457) comme en témoigne le matériel archéologique retrouvé en 1653 dans sa tombe. Childéric collabore avec les Romains en 463 contre les Wisigoths et en 470 contre les Saxons. Allié avec le général romain Syagrius, il coopère également avec Odoacre, contre les Alamans.

II. Clovis, roi païen (481-498)

En 481, quand Clovis hérite du royaume de Tournai, il a 15 ans et il reçoit de St Rémi, évêque de Reims, une lettre le félicitant de prendre en main la Belgique seconde: "Une grande rumeur nous est parvenue, vous avez pris l'administration de la seconde Belgique. Cela n'est pas nouveau car tu auras commencé par être ce que tes parents ont toujours été. Il faut d'abord faire en sorte que le jugement de Dieu ne t'abandonne point là où ton mérite parvient par ton activité de ton humilité à ce très haut sommet. Car comme l'on dit vulgairement, c'est aux actes que l'on identifie l'homme. Tu dois t'adjoindre des conseillés qui pourront orner ta renommée. Ton cadeau doit être intègre et honnête. Tu devras t'en rapporter à tes évêques et recourir toujours à leurs conseils. Car si tu t'entends bien avec eux, ta province ne pourra qu'en être consolidée. Rends courage aux citoyens, relève les affligés, favorise les veuves, nourrit les orphelins ; plutôt que de les éclairer, que tous t'aiment et te respectent. Que la justice sorte de votre bouche sans rien attendre des pauvres et des étrangers afin que tu ne veuilles point accepter en plus des cadeaux ou quelques choses de leur part. Que ton prétoire soit ouvert à tous afin que personne ne s'en retrouve triste. Tu possèdes certaines richesses paternelles avec lesquelles tu libéreras les prisonniers et tu les délieras du joug de la servitude. Si quelqu'un est admis en votre présence, qu'il ne sente point qu'il est un étranger. Plaisante avec les vieillards, et si tu veux régner, juge en noble." Rémi lui adresse un véritable programme politique chrétien et il est probable qu'en envoyant cette missive à Clovis, il lui offrait ses services, mettait son expérience et son crédit à sa disposition. Clovis entendit la leçon, il comprit ce que représentait l'appui de l'Eglise.
Comme son père, Clovis est un soldat, un chef de guerre, que vont combattre les Romains. A son avènement, en 481, il n'y a plus d'Empire, seul subsiste autour de Soissons, un dernier foyer d'autorité romaine, dirigé par le général Syagrius. En 486, Clovis attaque et met en fuite Syagrius qui trouve refuge auprès des Wisigoths, mais Alaric le livre à Clovis qui le fit égorger. Il abandonne Tournai, et Soissons devient sa capitale.
Intervient alors la célèbre anecdote du Vase de Soissons: au lendemain de la bataille qui a vu la défaite de Syagrius, les Francs, païens, pillent le diocèse de Reims et s'emparent entre autre d'un vase d'une beauté merveilleuse. L'évêque de Reims, saint Remi, envoya un messager à Clovis pour que le vase lui soit restitué. Le partage du butin se fit à Soissons suivant les règles, à savoir que chaque part était tiré au sort, même celle du roi. Clovis demanda à ces guerriers de lui restituer en plus ce vase, la plupart étaient d'accord, sauf un franc qui, frappant le vase de sa francisque, s'écria que le roi n'emporterait que ce qu'il avait droit par le tirage au sort, jetant dans la stupeur de tous les guerriers présents. Le roi supportant pour le moment cette injure, avec patience, réussit à échanger le vase, contre d'autres objets, et le remis à l'envoyé de l'église qui venait le chercher. Un an après, lors d'une revue militaire, et suivant l'usage, il rassembla ses hommes afin de s'assurer du bon état de leurs armes. Il se retrouva devant le soldat qui lui avait tenu tête un an auparavant à Soissons et lui faisant des reproches sur ces armes lui jette sa francisque à terre. Tandis qu'il se baissait pour la ramasser, Clovis lui décoche sur la tête un coup de sa hache en lui disant "ainsi tu as fait à Soissons avec le vase". Par cet exemple de justice, le roi inspira alors la terreur et le respect à tous les Francs.
En 489, pour occuper ses guerriers, Clovis se lance dans une série d'expéditions. D'abord, il s'empare de Verdun, à l'Est du royaume. Puis, il s'installe à Auxerre pour surveiller les Saxons. Ensuite, il force Nantes à la reddition. Par contre, lors de la tentative d'invasion de la Bretagne, les Bretons résistent, et plutôt que de s'embourber dans une longue guerre, Clovis préfère octroyer à ce peuple farouche son indépendance et l'autorise même à conserver ses chefs.
En 491 ou 493, il épouse Clotilde, une princesse Burgonde catholique. Elle est sous la tutelle de son oncle Godegisèle, roi de Genève, depuis que son autre oncle Gondebaud, roi de Vienne, a massacré toute sa famille. Le mariage a lieu à Soissons et Clotilde va tout faire pour convertir son époux avant le mariage, mais, malgré tous ses efforts, elle n'y parvient pas. Six enfants naîtront de ce mariage : Ingomer, mort en 494, quelques jours après son baptême, Clodomir (493/495 ?-524), Childebert 1er (496-558), Clotaire 1er (497-561), Théodechilde (?-?), Clotilde (495-531) ; Thierry 1er (485-534) étant le fils aîné de Clovis et de sa première concubine Thuringienne.
En 496, Clovis aide les francs Rhénans de Sigebert le Boiteux, roi de Cologne, contre les Alamans. La bataille principale a lieu à Tolbiac (aujourd'hui Zülpich, au Sud-Ouest de Cologne) et dégénérera en un violent massacre. Sur le point de voir son armée complètement exterminée, Clovis implora le « Dieu de Clotilde » et fit le v½u de se convertir au christianisme si la victoire lui était accordée. Le roi des Alamans fut alors, comme par miracle, frappé à mort d'un coup de hache, ce qui prouva au roi des Francs la puissance du Dieu catholique et le décida à se convertir.
Ainsi, le 25 décembre de l'année 498, l'évêque St Rémi le baptisa, lui et ses s½urs Alboflède et Lenchetilde, dans la cathédrale de Reims. Il plongea aussi ses 3000 guerriers dans le baptistère, une piscine immense dont les archéologues ont retrouvé les restes sous l'actuelle cathédrale. Ce baptême marque le début du lien entre le clergé et la monarchie française; dès lors le souverain règne au nom de Dieu et seuls ses descendants directs peuvent prétendre au trône. Rémi lance au roi la formule célèbre « Depona colla, Sigamber » (Dépose tes colliers Sicambre [autre nom donné aux Francs]) et rajoute: « Courbe la tête, O fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé et brûle ce que tu as adoré ».

III. Clovis, roi chrétien (498-511)

Désormais chrétien, Clovis était doublement justifié (pour des raisons politiques et contre l'hérésie des ariens) à s'en aller vers la Bourgogne et vers l'Aquitaine. Il prend aussi le parti de Godegisèle, qui lutte contre son frère Gondebaud, qui sera battu près de Dijon, d'où il sera forcé de prendre la fuite pour se réfugier à Avignon.
Cependant, en 500, le roi Wisigoth Alaric II se porte au secours du Burgonde Gondebaud qui propose à Clovis de lever le siège en échange d'une trêve et d'un tribut annuel. Quand Gondebaud eut repris des forces, il alla assiéger son frère dans Vienne et le fit tuer. Ainsi Clovis n'avait pas gagné de terres, mais un allié puique, réconciliés, ils signent un pacte d'alliance pour lutter contre les Wisigoths, qui pratiquaient l'arianisme, une hérésie chrétienne condamnée par les Gallo-romains catholiques et c'est avec les encouragements de l'épiscopat chrétien qu'ils viennent les combattre. De plus, la conversion de Gondebaud au catholicisme avait renforcé les liens entre les deux royaumes.
Alaric II ne pouvait alors que s'inquiéter. Son royaume wisigothique de Toulouse était le seul bastion arien à subsister, mais l'agitation des catholiques étant à son comble, il va exiler à Bordeaux, Rurice, évêque de Limoges, ainsi que Césaire d'Arles, accusés de comploter avec les Burgondes, alliés des Francs.
Aidé de son fils Thierry, du prince Chlodéric, fils de Sigebert le Boiteux et de Gondebaud, Clovis attaque Alaric II en 507, dans la plaine de Vouillé, au Nord-Ouest de Poitiers. Le roi des Wisigoths est tué et son peuple n'a d'autre alternative que de se replier en Espagne, au-delà des Pyrénées. Cette victoire va permettre au royaume de Clovis de s'étendre en Aquitaine et d'ouvrir la route du midi, l'objectif étant bien sur de s'emparer de Toulouse, ce qui fut fait au printemps suivant.
En 508, Clovis se rend à Tours, où l'attendent les envoyés d'Anastase, Empereur romain d'Orient, pour lui remettre les codicilles du consulat et le consacrer consul et Auguste. Il devenait à cette occasion le roi incontesté de tous les Francs et l'ancienne Lutèce, qui prenait pour l'occasion le nom de ses habitants gaulois, les Parisii, devient dés lors sa capitale. La préférence pour Paris tient certainement à son histoire, les Empereurs romains Julien et Valentinien ayant séjournés dans cette ville militaire, elle ne pouvait que convenir comme capitale. Clovis et Clotilde décidèrent d'y édifier une basilique (dédié à St Pierre et St Paul) destinée à leur servir de mausolée dynastique, à l'emplacement même de la tombe de Geneviève, dont l'Eglise fera une sainte pour avoir sauvé Paris des Huns.
Possédant ainsi tous les attributs d'un souverain légitime et absolu, Clovis s'empare des royaumes de ces petits rois qui grignotent son pouvoir. Aussi entreprend-il d'unifier son royaume et fait assassiner Chararic et son fils (rois saliens de Tongres), Ragnacaire (roi salien de Cambrai) et Rigomaire (roi salien du Mans), viennent ensuite Sigebert le Boiteux et son fils (rois des Francs Rhénans). Dès lors son pouvoir s'étend de la moyenne vallée du Rhin jusqu'aux Pyrénées, ce qui correspond à toute la partie occidentale de l'ancien empire romain, sauf la Bretagne, la Grande-Bretagne, et les régions méditerranéennes.
En 511, le roi des Francs convoque à Orléans un concile des Gaules, auquel prennent part 32 évêques venus de Bordeaux, de Bourges, de Tours, Soissons et de bien d'autres diocèses. Les prélats soumirent 31 canons à l'approbation de Clovis. Une partie des canons répondait à des interrogations politiques, à la discipline ecclésiastique, au mariage des prêtres etc... Clovis fut désigné « Rex Gloriosissimus, fils de la Sainte Eglise », par tous les évêques présents. Avec cette restructuration religieuse, l'Eglise, enfin triomphante, ancrait sa puissance. Dans le même temps Clovis organisait la vie civile et faisait rédiger la loi salique, en l'actualisant.
Clovis mourut cette même année, à l'âge de 45 ans. Son ensevelissement eut lieu dans une crypte de la basilique St Pierre et St Paul, encore en construction. Sa veuve Clotilde veilla à ce que le découpage du royaume fût équitable pour ses quatre fils. Mais la discorde naît aussitôt entre eux, et, n'arrivant pas à les réconcilier, elle se retire dans un monastère près de Tours, où elle meurt en 545.
Ses descendants régnèrent pendant près de trois siècles avant de laisser leur place à une famille de la noblesse franque austrasienne « les Pippinides ».
Clovis est le plus important des rois mérovingiens et il peut être considéré comme le fondateur de la tradition catholique de la monarchie franque, puis française, Il parvient à unifier le royaume des Francs et à l'étendre à presque toute la Gaule, sauf la Bretagne, la Narbonnaise et la vallée du Rhône. Clovis dût certainement ses succès à sa valeur militaire, à son sens politique et à l'appui des évêques.

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#Posté le samedi 18 novembre 2006 08:48

Périclès (495-429 avant J-C)

I. La jeunesse de Périclès (495-467 avant J.-C.)

Périclès est né vers 495 avant J.-C. dans le dème de Cholarges, dans la tribu Léontis. Son père, Xanthippos, qui sera vainqueur de la flotte perse au cap Mycale en 479, avait épousé Agaristè, petite-fille du législateur Clisthène, un Alcméonide, descendant des eupatrides (nobles) athéniens. Un jour, Agaristè eut un songe où il lui semblait qu'elle accouchait d'un lion ; or, quelques jours plus tard, elle mettait au monde Périclès. En bonne forme, il avait cependant une tête très allongée, d'une grosseur disproportionnée. C'est pourquoi les auteurs qui l'ont représenté le montrent presque tous avec un casque, par désir de ne pas souligner ce défaut. Mais les poètes attiques l'appelaient "schinocéphale" ("tête d'oignon"), et se moquaient autant de sa tête difforme que de son arrogance "olympienne".
Son maître de musique fut, selon la plupart des auteurs, Damon. Mais d'après Aristote, il s'appelait Pythocleidès. Damon était, apparemment, un sophiste éminent qui se servait du nom de musicien pour cacher son véritable talent; il s'attacha à Périclès, cet athlète de la politique, comme un soigneur et un entraîneur. Périclès fut aussi chorège plusieurs fois dans sa jeunesse, et remporta le prix de la meilleure pièce en 472, en jouant Les Perses , d'Eschyle.
Quant à la philosophie, Périclès suivit les cours de Zénon d'Élée, qui traitait de la nature, et pratiquait un mode de réfutation fondé sur les antinomies (contradiction entre 2 propositions), qui réduisait ses interlocuteurs à l'aporie (contradiction irréfutable dans un raisonnement). Mais celui qui fut le plus lié à Périclès, celui qui lui communiqua cette gravité et cet orgueil, bien lourds dans une démocratie, fut Anaxagore de Clazomènes. Ce philosophe, un des plus grands de la période présocratique, dont la popularité était telle qu'on pouvait se procurer ses ouvrages pour une drachme (soit 4,50 F, ou 0,70 ¤), était surnommé l'Esprit par ses contemporains tant il faisait preuve de méticulosité dans l'étude de la nature.
Anaxagore inspirait également une admiration extraordinaire à Périclès, qui apprit aussi de lui ce qu'on appelait alors la "science des phénomènes célestes", l'astronomie, et la "haute spéculation".
Périclès acquit ainsi non seulement une pensée profonde et un langage élevé, dépourvu de la moindre bouffonnerie grossière ou malveillante, mais également un visage grave, qui ne s'abandonnait jamais au rire, une démarche calme, une diction posée et imperturbable, ainsi que bien d'autres traits semblables qui frappèrent d'admiration tous ceux qui le voyaient. Un jour, par exemple, un individu particulièrement vulgaire et grossier l'insulta et l'accabla d'outrages. Périclès le supporta en silence, toute la journée, en pleine agora, en continuant de régler les affaires urgentes. Le soir, il s'en alla tranquillement, tandis que l'autre le suivait et lui lançait toutes les injures possibles. Avant d'entrer chez lui, comme il faisait déjà nuit, il ordonna à un de ses serviteurs de prendre une lampe pour raccompagner l'homme et le reconduire chez lui.
Le poète Ion, auteur de nombreux récits autobiographiques où il raconte ses rencontres avec Sophocle et Périclès mais dont il ne reste que des fragments aujourd'hui, affirme que les manières de Périclès étaient hautaines et orgueilleuses, et qu'à ses grands airs se mêlait beaucoup de morgue et de mépris pour autrui.

II. Les débuts politiques de Périclès (467-450 avant J.-C.)

Dans sa jeunesse, Périclès faisait preuve de beaucoup de circonspection à l'égard du peuple. On trouvait en effet que ses traits ressemblaient beaucoup à ceux de Pisistrate, le tyran qui avait régné sur Athènes de 560 à 527; les Athéniens les plus âgés, devant la douceur de sa voix, l'aisance et la rapidité de sa parole dans la discussion, étaient effrayés de cette ressemblance. De plus, il était riche, appartenait à une famille illustre, celle des Alcméonides, et avait des amis très influents. C'est pourquoi, par crainte d'être ostracisé, il ne se mêlait pas de affaires publiques, sachant bien que son père Xanthippos l'avait lui-même été pour s'être mis les citoyens athéniens à dos par son arrogance, en 482, bien qu'il eût été, comme tous les bannis politiques, rappelé à Athènes pour commander l'armée contre les Perses en 480. A la guerre en revanche, il était valeureux et risquait volontiers sa vie.
Cependant, après l'exil de Thémistocle, en 471, et la mort d'Aristide, en 467, comme Cimon était presque toujours retenu loin de Grèce par ses campagnes, Périclès décida enfin de se consacrer au peuple: il préféra au parti de la minorité des riches celui de la multitude des pauvres, car il redoutait d'être soupçonné d'aspirer à la tyrannie. D'autre part, il voyait Cimon, qui était partisan de l'aristocratie, jouir de la faveur des "gens de bien". Il chercha donc à plaire à la foule, ce qui lui assurerait à la fois la sécurité et un appui contre son rival. Aussitôt, il changea son mode de vie. On ne le vit plus que dans une rue, celle qui mène à l'agora et au Bouleutérion. Si on l'invitait à un banquet ou toute autre fête ou réunion de ce genre, il refusait l'invitation: pendant la longue période où il eut une activité politique, il n'allât dîner chez aucun de ses amis. Les réunions amicales sont en effet redoutables pour la majesté: il est difficile, en compagnie d'amis, de garder la gravité nécessaire à la gloire. Devant le peuple, il voulait éviter d'être constamment présent et de saturer les gens de sa vue. Il se montrait aux citoyens de manière intermittente; il se réservait pour les grandes occasions. Le reste du temps, il traitait les affaires par l'intermédiaire de ses amis et par les orateurs de son parti.
Grâce aux cours de rhétorique de son excellent maître Anaxagore, Périclès surpassa de loin tous les autres orateurs. Telle fut l'origine de son surnom d'Olympien, que démontre les poésies des auteurs comiques de son temps, qui n'hésitaient pas à lancer des traits assez violents contre lui, surtout concernant son éloquence. Thucydide d'Alopécè, un des adversaires politique de Périclès jusqu'à son ostracisme en 443, faisait partie des " kaloˆ k¢gaqo... " ("gens de bien"). Il écrivit une anecdote amusante à ce sujet ; comme Archidamos, roi de Sparte de 469 à 427, lui demandait lequel, de lui ou de Périclès, était le plus fort à la lutte, il répondit: "Quand je lutte avec Périclès, je le jette à terre. Mais il se relève alors, et conteste ma victoire, en prétendant qu'il n'est pas tombé, et c'est lui qui gagne le combat, car il réussit à faire changer d'avis même ceux qui l'ont vu tomber".
Cependant, malgré tous ces dons, Périclès était fort timide lorsqu'il parlait; chaque fois qu'il montait à la tribune, il priait les dieux de ne pas le laisser lâcher, par inadvertance, une parole mal adaptée au sujet qu'il devait traiter. Il n'a laissé aucun écrit, à l'exception de ses décrets, et très rares sont ses paroles célèbres qu'on a conservées de lui. Ainsi lorsqu'il ordonne d'enlever Égine "comme une taie de l'½il du Pirée", ou lorsqu'il déclare, en 435: "Je vois déjà la guerre accourir du Péloponnèse". Un jour que Sophocle, stratège avec lui lors de l'expédition de Samos, en 440 (la ville de Samos entra en rébellion contre Athènes, dite la "révolte samienne", en 440, et il fallut 2 ans à la flotte athénienne pour écraser l'insurrection, la plus grave qu'i y ait jamais eu jusqu'alors), lui faisait l'éloge d'un beau garçon, Périclès répondit: "Un stratège, Sophocle, doit veiller non seulement à la pureté de ses mains, mais aussi à celle de ses yeux."
Thucydide, dans sa Guerre du Péloponnèse , décrit le gouvernement de Périclès comme une aristocratie: "C'était en théorie une démocratie, mais en réalité le premier citoyen exerçait le pouvoir". Cependant, selon beaucoup d'autres, ce fut grâce à Périclès que le peuple eut droit, pour la première fois, à des clérouquies (lot de terre (cléros) réparti sur toutes les colonies athéniennes, et attribuées aux citoyens pauvres), à des indemnités pour les représentations théâtrales et à différentes allocations, contractant ainsi des habitudes pernicieuses: de sage et travailleur qu'il était auparavant, ces mesures politiques le rendirent dépensier et indiscipliné. La cause de ce changement était principalement sa rivalité avec Cimon, qui, possédant beaucoup plus de biens et de revenus que Périclès, s'en servait pour attirer à lui les indigents. Il fournissait un repas quotidien au Athéniens dans le besoin; il distribuait des vêtements aux vieillards; il avait enlevé les clôtures de ses terres, pour permettre à chacun d'en cueillir les fruits. Périclès, incapable de lutter contre de tels moyens de se concilier la foule, décida, suivant les conseils d'Aristote dans sa Constitution d'Athènes , de distribuer les biens publics. Bien vite, en accordant des indemnités à ceux qui assistaient aux représentations théâtrales et en décrétant d'autres distributions et chorégies, Périclès corrompit la foule et se servit d'elle pour lutter contre Cimon, qu'il réussit à faire ostraciser en 361, en l'accusant de soutenir Sparte et d'être hostile à la démocratie. Or Cimon ne le cédait à personne ni en fortune ni en naissance; il avait remporté d'éclatantes victoires sur les Barbares et rempli la cité de richesse et de butin. Tel était l'ascendant que Périclès exerçait sur le peuple.
De par la loi, l'ostracisme entraînait un exil de 10 ans. Or, en 457, 4 ans après l'ostracisme de Cimon, les Lacédémoniens, à la tête d'une immense, envahirent la Béotie, car depuis 460 ils étaient en guerre avec les Athéniens, qui marchèrent contre eux, et engagèrent la bataille de Tanagra. C'est alors que Cimon se présenta pour combattre à son poste, avec les membres de sa tribu: il voulait, par ses actes, se laver de l'accusation de soutenir Sparte. Mais les amis de Périclès se regroupèrent et l'exclurent des rangs, en tant que banni. C'est pour cette raison que Périclès combattit de la manière la plus héroïque possible, et se distingua particulièrement des autres. Tous les amis de Cimon furent tués, sans exception. Alors les Athéniens éprouvèrent de terribles remords, et un grand regret de Cimon, car ils avaient été vaincus sur les frontières de l'Attique et s'attendaient à une guerre très rude au printemps suivant. Périclès se rendit compte de cela, et sans hésiter, rédigea lui-même décret qui rappelait Cimon. Celui-ci, dès son retour, s'affaira à conclure une paix entre les 2 cités, paix qui fut signée en 451 et qui mit fin à cette guerre qu'on appellera plus tard 1 ère Guerre du Péloponnèse. En 450, lors d'une expédition contre Chypre, Cimon trouva enfin la mort, après une brillante carrière militaire, presque uniquement entachée par son ostracisme par les partisans de Périclès.

III. Les premières ½uvres (450-447 avant J.-C.)

Périclès était désormais le citoyen le plus puissant de la ville. Les aristocrates, inquiétés de son pouvoir grandissant, lui opposèrent alors Thucydide d'Alopécè, un homme discret, gendre de Cimon, moins doué que ce dernier sur le champ de bataille, mais plus habile en politique. La lutte entre les 2 hommes divisa la cité : les "populaires" et les "oligarques". Voilà pourquoi Périclès accorda encore davantage de mesures pour plaire au peuple. Chaque année, il armait 60 trières sur lesquels embarquaient de nombreux citoyens, qui percevaient un salaire de 8 mois: ils pratiquaient et apprenaient ainsi la navigation. De plus, il envoya des milliers de colons dans les possessions athéniennes de la Méditerranée: 1 000 en Chersonèse, 500 à Naxos, 250 à Andros, 1 000 en Thrace, et encore 1 500 en Italie, à Sybaris, qui prit alors le nom de Thouiroï, ville à la construction de laquelle prit part l'historien Hérodote, 10 ans plus tôt. Ce faisant, Périclès délivrait la cité d'une population oisive, soulageait la misère du peuple et installait chez les alliés des garnisons qui les intimideraient et les empêcheraient toute tentative de révolte.
Mais ce qui causa le plus de joie à Athènes, l'embellit le plus et frappa d'admiration le reste des hommes, ce fut la construction des monuments sacrés, débutée en 447. Cette mesure suscita, plus que toutes les mesures, la jalousie de ses ennemis. Ils l'accusaient dans les assemblées d'avoir déshonoré le peuple en transportant le trésor de la ligue de Délos à Athènes, en 451, sous prétexte de le soustraire à la menace perse. Les autres villes de la ligue s'estimaient victime d'une terrible injustice: l'argent qu'elles ont fourni sous la contrainte, pour faire la guerre, Périclès s'en servait pour embellir sa cité, et cet argent représentait des sommes colossales: près de 5 000 talents (soit 140 000 000 F, ou 21 000 000 ¤). Mais celui-ci leur répondit qu'ils n'avaient aucune raison de se plaindre, car, après tout, l'argent qu'ils versaient n'avait d'autre but que de se procurer une armée et une flotte entraînées et efficaces, qu'Athènes mettait à leur disposition. Ceci fait, peu leur importait à quoi servirait cet argent aux Athéniens. De plus, ce projet magistral permit à Périclès d'engager quasiment tous les ouvriers "au chômage" de la cité, et une vraie foule d'artisans se concentra autour des plans des bâtiments en construction. Pour cette titanesque entreprise, on disposait de toutes les matières premières nécessaires: marbre, bronze, ivoire, or, ébène, cyprès, pour n'en citer que quelques-uns, et pour les travailler, on disposait de nombreux corps de métiers: charpentiers, sculpteurs, fondeurs, tailleurs de pierre, doreurs, ivoiriens, peintres, incrusteurs, graveurs sans compter, pour fournir et livrer tout cela, les marchands, les matelots et les capitaines, les charrons, les éleveurs de bêtes de somme, les cochers, les cordiers, les tisserands, les bourreliers, les cantonniers et les mineurs. Ainsi, presque tous les citoyens artisans de la ville, ainsi que de nombreux métèques, furent employés sur le chantier, assurant la prospérité à travers la cité.
Le Parthénon, ½uvre maîtresse des constructions, fut achevée en 438. Les Propylées, dont la construction commença en 437, furent achevées en 432. Le petit temple d'Athéna Nikè fut construit entre 427 et 424, tandis que l'Érechtheion, commencé en 421, ne fut achevé qu'en 406, dans les dernières années de la guerre. Périclès ne vécut donc pas assez longtemps pour voir l'Acropole restaurée de sa dévastation en 480. Les plus grands artistes prirent part à ces constructions, que ce soit des architectes, Callicratès, Ictinos, Mnésiclès, Coroebos, Métagénès ou Xénoclès, des peintres, Zeuxis ou Agatharcos, ou des sculpteurs, dont le plus connu est Phidias. Ce dernier fut nommé surintendant des travaux par Périclès, mais chaque ouvrage était en fait déjà surveillé par l'artiste qui le désignait et le faisait construire. Phidias, lui, était déjà célèbre, notamment grâce à la gigantesque statue de marbre d' "Athéna Promachos " réalisée sur l'Acropole en 460. Après avoir conçu la statue chryséléphantine d'"Athéna Parthénos" dans le Parthénon en 438, il se déplaça en 437 à Olympie, où il réalisa la statue de Zeus chryséléphantin entre 437 et 433, qui deviendra le 3 ème Merveille du Monde. Du fait de sa gloire, certains commençaient à l'envier, et commencèrent à le calomnier. Mais, sur l'agora, Thucydide et les orateurs de son parti invectivaient Périclès, l'accusant de ruiner les finances de la cité. Alors, en pleine assemblée, Périclès demanda au peuple s'il trouvait que l'on avait trop dépensé. "Beaucoup trop ! lui répondit-on. -Très bien ! dit Périclès. Je vais donc porter les dépenses à mon compte, non au vôtre, et ce sera mon nom que l'on inscrira sur les dédicaces !". À ces mots, par désir de ne pas lui laisser, à lui seul, la gloire de ces travaux, ils lui demandèrent, à grands cris, de puiser dans le trésor public pour ces frais et de faire ces dépenses officielles sans rien épargner. Pour finir, Périclès, enhardi par sa victoire, attaqua Thucydide, à grands risques personnels, pour l'ostracisme: il obtint le bannissement de son rival en 443 et brisa le parti qu'on lui avait opposé.
Les divisions cessèrent donc complètement, et la cité devint harmonieuse et parfaitement unie. Périclès avait le contrôle total d'Athènes, et tout ce qui en dépendait: les tributs, les armées, les trières, les îles, la mer, la puissance et l'hégémonie que la cité exerçait sur les Grecs et les Barbares. C'est alors, au faîte de sa gloire, que Périclès changea: il ne se montrait plus aussi docile devant le peuple, ne lui accordant plus chaque caprice qu'il réclamait. La démocratie était relâchée et amollie. La plupart du temps, il faisait appel au bon vouloir du peuple, et il la gouvernait par la force et le raisonnement, mais quand le peuple refusait ses décisions, il tirait les rênes et l'amenait de force à agir comme il convenait. Périclès devait son pouvoir à son éloquence et à la confiance qu'il inspirait, ainsi qu'à la réputation qu'il tenait: on le savait parfaitement désintéressé et incorruptible. Il finit par exercer un pouvoir un pouvoir égal à celui des rois et des tyrans, mais il n'augmenta pas d'une drachme la fortune que lui avait laissé son père.
Périclès occupa le premier rang en politique pendant 40 ans, et exerça le pouvoir absolu pendant 15 ans consécutifs grâce à ses élections répétées à la charge de stratège. Mais il restait tout de même très économe, gérant ses biens de façon méticuleuse, et ses enfants en furent souvent déçus, car Périclès privilégiait les indigents de la cité, à qui il venait en aide, à ses propres enfants.
Un jour, Anaxagore, déjà fort âgé, ignoré par Périclès tant celui-ci était accaparé par ses occupations, décida de se laisser mourir de faim. Il se coucha et se voila la tête, résolu à ne plus rien consommer. Quand il entendit la nouvelle, Périclès fut frappé d'horreur, et accourut aussitôt. Il supplia son mentor par tous les moyens, se lamentant, non sur le sort d'Anaxagore, mais sur le sien propre, s'il devait perdre un conseiller aussi précieux pour sa politique. Alors Anaxagore se découvrit la tête et lui dit "Périclès, ceux qui ont besoin d'une lampe y versent de l'huile."

IV. Guerres et campagnes (447-429 avant J.-C.)

Comme stratège, ce qu'on appréciait le plus en lui, c'était sa prudence. Il n'engageait jamais volontairement un combat comportant trop d'incertitude. Ceux dont la témérité est récompensée par une chance éclatante, et qui sont admirés comme de grands généraux, ne suscitaient en lui ni l'envie, ni le désir de les imiter. Voyant que Tolmidès, un général athénien, enhardi par ses précédents succès, s'apprêtait, sans aucune raison, à attaquer la Béotie, et avait réussit à persuader les plus braves et les plus ambitieux des citoyens à se porter volontaire dans cette campagne (ils étaient environ 1000), Périclès tenta de s'opposer à lui et de le dissuader. Ce fut alors qu'il prononça ces paroles qui devinrent célèbres: "Si tu ne veux pas obéir à Périclès, tu ferais bien d'attendre l'avis du plus sage des conseillers, le temps." Sur le moment, la phrase eut peu de succès, mais quand, quelques jours plus tard, on entendit que Tolmidès avait été écrasé par les Thébains à Coronée, en 447, et que de nombreux citoyens y perdirent la vie, l'affaire valut à Périclès la gloire et l'affection de tous, car on voyait à quel point il était sensé. Une autre fois, il organisa une expédition autour du Péloponnèse, durant laquelle il ravagea les côtes des terres ennemies. Mais son expédition la plus appréciée fut celle vers le Pont-Euxin (Mer Noire actuelle). À la tête d'une immense flotte, il aida les villes côtières à se débarrasser, quand nécessaire, des tyrans qui avaient pris le pouvoir pour y instaurer la démocratie, telle Sinope, où il chassa le tyran Timésiléos, envoya 600 volontaires athéniens y vivre, ainsi que 13 navires pour la défense de la ville. Mais les autres pays l'intéressaient également. Depuis le soulèvement d'un chef libyen, Inaros, en 459, les Athéniens s'étaient intéressés à la lointaine Égypte. Ils soutinrent Inaros dans sa rébellion et envoyèrent des troupes, mais celles-ci furent défaites par les Perses dans le delta du Nil, et près de 6 000 citoyens athéniens y perdirent la vie. 10 ans plus tard, Périclès décida de se venger de l'affront, et lança une seconde expédition. Le Grand Roi, Artaxerxès I er , prit de peur, accepta de pactiser avec les Athéniens, et en échange du retrait de leurs troupes, Artaxerxès était prêt à reconnaître l'indépendance des cités ioniennes, qui fut confirmée à la paix de Callias, en 449. Ce fut un triomphe pour Périclès, qui fut célébré comme libérateur des villes grecques d'Asie Mineure. Malheureusement, leur joie ne dura pas très longtemps: en 312, en plein milieu de la Guerre du Péloponnèse, Sparte échangea tout bonnement l'indépendance des cités grecques d'Ionie contre une aide économique et militaire de la Perse, alors sous le règne de Darius II, dans sa lutte contre Athènes.
Puis éclata la "Guerre sacrée": les Lacédémoniens entrèrent dans Delphes, et rendirent aux Delphiens le sanctuaire qui était occupé par les Phocidiens. Mais dès leur départ, Périclès se mit en campagne, et rétablit l'autorité des Phocidiens. Les Lacédémoniens ayant obtenu des Delphiens le droit de consulter l'oracle en priorité, et l'ayant fait graver sur le front du loup de bronze, Périclès obtint également cette priorité pour les Athéniens, et la fit graver sur le flanc droit du même loup. En 447, les Eubéens firent sécession. En même temps, les Mégariens déclarèrent la guerre à Athènes, et les Spartiates en profitèrent pour les soutenir, envoyant eux-mêmes leur armée. Mais Périclès, soucieux de ne pas livrer bataille contre ces valeureux hoplites, sonda secrètement leur très jeune roi, Pleistonax, et réussit à le corrompre, le décidant à quitter l'Attique. De retour à Sparte, celui-ci fut condamné à une amende si forte qu'il ne pût la payer: il dut quitter Lacédémone. Mais, 26 ans plus tard, en 421, le roi revint, à 46 ans, et prit part à la paix de Nicias.
Chaque fois que son stratégat arrivait à son terme, que Périclès devait rendre les comptes aux Athéniens, il inscrivait une dépense de 10 talents (soit 280 000 F, ou 42 000 ¤) pour des "frais nécessaires". Le peuple approuva sans enquêter sur ce mystère. Selon le philosophe lesbien (de Lesbos) Théophraste (le successeur d'Aristote à la tête du Lycée), 10 talents arrivaient à Sparte de la part de Périclès: il s'en servait pour se concilier les magistrats en charge et différer la guerre. Après la dispersion de l'armée spartiate aux portes de l'Attique, les Athéniens et les Lacédémonien conclurent une trêve de 30 ans, en 446. Supposé maintenir la paix jusqu'en 416, cette trêve fut rapidement abandonnée, car, après 15 ans, la Guerre du Péloponnèse éclata.
Finalement, après ce traité, Athènes entra en conflit avec Samos, une île de la Mer Égée qui avait dominé une grande partie de cette mer vers la fin du VI ème siècle, et qui cherchait à reconstituer cet empire. Or, entre temps, Milet, une ville d'Ionie, avait occupé certaines îles ; Samos entra donc en conflit ouvert avec Milet pour la possession de l'île de Priène. Dès le début de l'affrontement, Samos avait l'avantage, et Milet prête à abandonner la partie. C'est alors que Périclès, qui ne voulait pas voir l'équilibre méditerranéen perturbé par les ambitions samiennes, imposa aux 2 antagonistes une paix, à l'avantage des Milésiens. Bien entendu, Samos refusa, ce qui provoqua l'entrée en guerre d'Athènes aux côtés de Milet, au début de 439. Parti avec une flotte, il réussit, après quelques revers face à un grand stratège naval samien, Melissos, qui fit prisonnier de nombreux Athéniens et commit de nombreuses exactions sur eux, comme les tatouer d'une chouette, à assiéger et prendre la cité, grâce notamment, selon Éphore, un historien athénien du IV ème siècle, à l'utilisation de machines de siège d'une nouveauté étonnante construite par un ingénieur boiteux connu sous le nom d'Artémon. Après 8 mois de siège, les Samiens se rendirent, et Périclès fit tout pour leur rendre impossible toute nouvelle guerre: il rasa leurs murs, confisqua leur flotte et leur imposa de lourdes amendes, et prit en otage une centaine de citoyens, dont la moitié d'enfants. Chacun d'entre eux lui proposa 1 talent (soit 30 000 F, ou 4 500 ¤) pour sa liberté, et le satrape de Lydie voisin, Pissouthnès, qui avait des sympathies pour les Samiens, lui envoya 10 000 statères d'or (soit 1 000 000 F, ou 150 000 ¤), et intercéda pour la cité. Mais Périclès resta de marbre, refusant les offres des captifs et renvoyant l'argent à Pissouthnès.
Malgré tout le bien qu'il fit à sa cité, c'est indirectement lui qui en causa la perte: il fut l'instigateur de la Guerre du Péloponnèse. Pressentant l'entrée en guerre des Péloponnésiens contre Athènes, Périclès décida de soutenir Corcyre (l'actuelle Corfou) dans sa guerre contre sa materpolis , sa cité fondatrice, Corinthe. En s'attachant la considérable flotte de cette île, Périclès se donnait un atout précieux pour la guerre qui s'ensuivrait. Mais lorsque le peuple vota cette décision, il désigna un des fils de Cimon, Lacédémonios, pour mener l'expédition. Haïssant profondément la maison de Cimon, qui, il est vrai, manifestait beaucoup de bienveillance à l'égard des Lacédémoniens, Périclès ne lui donna que 10 trières, comme pour se moquer de lui. Ainsi, si Lacédémonios n'accomplissait rien d'important durant cette campagne, ce serait encore une occasion pour Périclès de l'accuser de soutenir Sparte, car Périclès ne cessait de rabaisser les fils de Cimon; même leur nom, disait-il, n'était pas ceux de citoyens légitimes, mais ceux d'intrus ou d'étrangers (l'un s'appelait Lacédémonios, l'autre Thessalios, et le dernier Éleios; et tous 3 avaient pour mère une Arcadienne). Mais, malgré une attitude brillante et plusieurs victoires remportées sur des forces bien supérieures, Lacédémonios ne put empêcher la défaite de Corcyre. Le peuple critiqua beaucoup Périclès à propos de ces 10 trières. Aussi en envoya-t-il 60 autres à Corcyre, mais celles-ci ne trouvèrent plus que l'île vaincue, Lacédémonios, et les 3 trières encore en état de flotter. En plus de cet échec, les Corinthiens s'étaient irrités de cette ingérence, et accusèrent les Athéniens à Lacédémone.
Périclès nourrissait également une profonde haine contre les Mégariens. Il nourrissait en secret un ressentiment privé contre Mégare, mais à titre public, il les accusait de s'être appropriés une partie du territoire sacré, la plaine d'Éleusis. Un jour, Périclès envoya aux Mégariens un héraut, Anthémocritos, qui irait ensuite se plaindre d'eux auprès des Lacédémoniens. Mais ce plaint échoua, car le héraut mourut en chemin. Sa mort fut imputée aux Mégariens, qui rejetèrent la faute sur Périclès et Aspasie, provoquant la colère de ce dernier. Un politicien athénien, Charinos, décida d'écrire un décret selon lequel aucun citoyen mégarien n'entrerait désormais en Attique, sous peine de mort. Mégare se plaignit donc également à Lacédémone.
Les gens d'Égine, qui avaient l'impression d'être opprimés, implorèrent les secours des Spartiates, mais en secret, car ils n'osaient accuser les Athéniens ouvertement. Quand Potidée, colonie corinthienne sous domination athénienne, fit sécession, et que les Athéniens l'assiégèrent, la guerre devint inéluctable. Pourtant, le roi de Sparte, Archidamos, avait tenté de régler les différends des villes grecques, mais sa proposition d'abroger le décret contre les Mégariens, afin d'apaiser les colères mutuelles des 2 cités fut rejetée par Périclès, qui convainquit le peuple de ne pas abandonner la querelle avec Mégare.
Mais l'on dit aussi que Périclès précipita la guerre pour se défendre, lui. Peu de temps auparavant, Ménon, un citoyen athénien, avait intenté un procès au célèbre artiste et proche ami de Périclès Phidias pour détournement de biens publics. Rapidement détrompé, le dénonciateur persévéra, et réussit à prouver que sur le bouclier de la déesse Athéna qu'avait créé Phidias, qui représentait une bataille entre Grecs et Amazones, celui-ci non seulement s'était représenté sur l'image, sous la forme d'un vieillard chauve soulevant une pierre des 2 mains, mais il avait également représenté Périclès, sous les traits d'un beau jeune homme luttant contre une Amazone. Phidias fut donc jeté en prison, et y mourut de maladie. Ménon, lui, fut exempté d'impôts pour le reste de sa vie. A la même époque, Hermippos, un auteur comique, avait fait traduire Aspasie en justice pour impiété et fait ratifié un décret selon lequel seraient poursuivis en justice les Athéniens qui enseignaient les phénomènes célestes, comme impies. A travers Anaxagore, c'était bien Périclès qu'on attaquait sur ce coup là, et celui-ci prit peur, au vu de la sentence de Phidias, et fit quitter la cité à Anaxagore. D'après Eschine, un orateur athénien du IV ème siècle, Périclès obtint la grâce d'Aspasie à force de pleurer sur elle et de supplier les juges tout au long du procès. Mais Périclès redoutait son propre procès, et il attisa la guerre qui couvait en Grèce afin de dissiper les accusations qui pesaient sur lui.
Les Lacédémoniens, comprenant que si Périclès était renversé, les Athéniens seraient mieux disposés à accueillir leurs requêtes, leur demandèrent de chasser celui qui portait sur lui la souillure du sacrilège cylonien, dans lequel était impliqué, selon Thucydide, la famille maternelle de Périclès (Mégaclès, de la famille des Alcméonides, fit mettre à mort Cylon et ceux qui l'avaient soutenu dans sa tentative pour s'emparer de la tyrannie, à la fin du VII ème siècle, alors que les conjurés s'étaient réfugiés auprès des autels des dieux. La mère de Périclès, Agaristè, était une Alcméonide, et cette accusation de sacrilège avait déjà été utilisée par les adversaires de Clisthène, le célèbre législateur athénien et grand-oncle de Périclès). Mais cette tentative n'eut par les résultats escomptés par les Lacédémoniens, loin de là: au lieu d'être soupçonné et accusé, Périclès y gagna au contraire une confiance et une estime accrues de la part de ses concitoyens, car ils virent la haine et la peur qu'il inspirait aux ennemis.
Quand les Lacédémoniens et leurs alliés, Péloponnésiens et Béotiens, envahirent l'Attique à la tête de 60 000 hoplites sous la conduite de leur roi Archidamos, ils s'avancèrent jusqu'à Acharnes, à moins de 10 kilomètres d'Athènes, pensant que la colère et l'orgueil de ses habitants les pousseraient à combattre. Mais Périclès déjoua leur piège et calma les citoyens belliqueux en leur disant "Quand on coupe des arbres, quand on les abat, ils repoussent bientôt. Mais si des hommes sont tués, il n'est pas facile d'en retrouver". Il refusa donc le combat, déplaçant plutôt la population athénienne entre les Longs Murs, très bonne stratégie à court terme, mais ayant des très graves conséquences à long terme, comme nous le savons.
Tandis que les Athéniens subissaient de lourdes pertes sur terre, ils en infligeaient autant sur mer. Ainsi, la guerre aurait dû se terminer en statu quo ante et les 2 belligérants signer un traité de paix, comme lors des guerres précédentes. Mais la malchance (ou les dieux, pour les Grecs) s'y mêla: en 429, une peste venant d'Ethiopie s'abattit sur Athènes et se propagea à une vitesse fulgurante, permise par la promiscuité dans laquelle vivait les paysans Athéniens, entassés à l'intérieur des murs. Ce fléau faucha l'élite de la jeunesse de la ville et toutes les forces de la cité, provoquant la peur des citoyens, qui accusèrent Périclès de tous ces maux. Alors celui-ci, désireux de remédier à la situation et d'infliger par la même occasion des pertes aux ennemis, Périclès équipa 150 navires sur lesquels il fit embarquer de nombreux hoplites ainsi que des cavaliers. On s'apprêtait à lever l'ancre, et Périclès était sur sa propre trière, quand soudain il y eut une éclipse de soleil: l'ombre se fit, et tous furent frappés de terreur, considérant qu'il s'agissait d'un grand présage. Quand Périclès vit son pilote terrifié et indécis, il lui mit sa chlamyde (bout de laine attaché par une fibule (épingle) à l'épaule, et servant de manteau court) devant les yeux et lui demanda si cela lui faisait peur ou s'il voyait l'annonce d'un évènement terrifiant. "Non, dit l'homme. –Et alors, répliqua Périclès, quelle différence y a-t-il avec les ténèbres qui nous ont entourés, sinon qu'elles ont été causées par un objet plus gros que ma chlamyde ?". Cette réponse devint si célèbre qu'on l'enseigna dans les écoles de philosophie pour les siècles qui viendraient. Mais en attendant, Périclès n'obtint pas les résultats à la hauteur des préparatifs, la peste ayant fait échouer le siège d'Épidaure, ville de Laconie, au Sud - Est du Péloponnèse, et ayant ravagé l'armée athénienne. À Athènes, le peuple gronda et exprima son mécontentement de Périclès en lui enlevant son commandement de stratège et (mais l'on ne connaît pas le nom de son accusateur avec précision: Cléon? Simmion? Lacratidas ?) en le condamnant à une amende de 50 talents (1 400 000 F, soit 215 000 ¤), ce qui, bien qu'étant loin de l'appauvrir en aucune manière, lui inspira une honte profonde, et il ne parut pas en public pour 2 jours.

V. Les dernières actions de Périclès (429 avant J.-C.)

Bien que la colère du peuple se fût apaisée rapidement après avoir condamné Périclès, la famille de ce dernier était en piteux état: la peste l'avait privé de son fils Xanthippos, sa bru, sa s½ur, son oncle et 3 de ses cousins. Cependant, il ne se laissa pas abattre, conservant sa fierté et sa grandeur d'âme d'auparavant. On ne le vit pas pleurer, ni se rendre aux funérailles ou sur la tombe d'un de ses proches, jusqu'au jour où il perdit le dernier de ses fils légitimes, Paralos. Accablé par ce malheur, il essaya de se comporter comme à son habitude et de garder sa dignité, mais, lorsqu'il dut apporter une couronne au mort, il éclata en sanglots et versa un flot de larmes, réaction qu'il n'avait jamais eu de toute sa vie.
Mais, pour la conduite de la guerre, la peuple dut faire appel à d'autres stratèges depuis le limogeage de Périclès, mais il arriva rapidement à regretter son geste: on se rendit très rapidement compte que personne n'était à la hauteur de Périclès. On le rappela donc, mais celui-ci préférait rester prostré dans sa maison, accablé par son deuil. Heureusement, Alcibiade et ses amis, alors un jeune homme de seulement 21 ans, réussit à le convaincre à aider la ville en reprenant son poste.
La première chose qu'il fit, une fois réélu stratège, c'est d'abroger la loi concernant la citoyenneté des enfants qu'il avait lui-même proposée 22 ans plus tôt, en 450. Cette loi stipulait que seuls seraient considérés comme Athéniens les enfants de 2 parents l'étant également, et Périclès ne voulut pas que sa lignée disparaisse, faute d'héritier légitime. Ceci provoqua une vive opposition de certains citoyens, car, peu après la ratification de la loi proposée par Périclès, le roi d'Égypte fit don de 40 000 médimnes (soit à peu près 680 tonnes) de blé à Athènes, à répartir entre les citoyens. Bien entendu, l'on intenta de nombreux procès à de soit-disant "bâtards", dont 5 000 furent vendus comme esclaves, souvent à tort, afin que les "véritables" citoyens, 14 000 d'entre eux, s'emparent du plus possible ; et tout cela ne perturba pas Périclès le moins du monde. Il était donc extrêmement grave qu'une loi qui avait été rigoureuse contre tant de personnes fût abrogée par celui-là même qui l'avait proposée. Mais les Athéniens s'attendrirent sur cette frêle figure, que plus rien ne retenait à la vie. Ils lui permirent donc de supprimer cette loi, et son fils bâtard prit son nom. Ce fils devra plus tard vaincre les Péloponnésiens aux Arginuses, en 406, et être mis à mort par le peuple, avec les autres stratèges.
A la fin de l'an 429, Périclès fut atteint par la peste. Contrairement à d'autres, l'attaque du mal ne fut ni violent ni aiguë: c'était une sorte de faiblesse qui se prolongea, usant lentement son corps et rongeant la force de son esprit. Le philosophe grec du IV ème siècle Théophraste, dans ses livres sur l' Éthique , raconte que, pendant sa maladie, Périclès montra à un de ses amis qui étaient venu le visiter une amulette que les femmes lui avaient suspendue au cou. Théophraste y voit le signe de la dégradation de l'intelligence de Périclès, oublieux, devant la mort, de sa formation philosophique; en effet, dit-il, Périclès devait être bien mal pour se prêter à de telles sottises.
Peu de temps avant sa mort, les principaux citoyens et les amis qui l'assistaient, assis autour de son lit, s'entretenaient de sa vertu et du pouvoir si grand qu'il avait exercé, ils énuméraient ses exploits et le nombre de ses trophées (monument commémoratif d'une victoire où l'on accrochait les dépouilles de l'ennemi); il en avait érigé 9 au nom de la cité. Ils échangeaient ces propos, convaincus que le malade ne les entendait pas et qu'il avait perdu connaissance. Mais Périclès avait suivi la conversation. Il éleva la voix et les interrompit soudain, en leur disant qu'il s'étonnait les entendre mentionner tous ces succès, que bien des stratèges avaient remportés avant lui, alors qu'ils ne parlaient pas de ce qu'il y avait eu dans sa vie de plus beau et de plus grand. "Aucun Athénien, dit-il, n'a perdu un proche inutilement". Quelques jours plus tard, Périclès rendait le dernier soupir.
Les évènements qui suivirent ne tardèrent pas à faire comprendre sa valeur aux Athéniens et à leur inspirer de lui un profond regret. Même ceux qui de son vivant le méprisaient à cause de son pouvoir qui leur faisait de l'ombre, croyait-ils, avouèrent qu'aucun être au monde n'avait été si modeste que Périclès dans la grandeur, et plus majestueux dans la douceur. On vit que sa puissance, qu'on avait traitée autrefois de monarchique et de tyrannique, avait été comme un rempart qui avait assuré le salut de la constitution. À partir du jour de sa mort, la corruption envahit de nouveau les affaires publiques, elle que Périclès avait su affaiblir et humilier et avait forcée de se cacher, de ne plus sévir à Athènes, ce qui fut le cas pendant la longue période péricléenne, ayant duré de 461, date de sa première élection comme stratège, à 429. Athènes connut durant cette période une telle gloire, à un tel degré que sa culture rayonnait à travers toute la Méditerranée, que les Athéniens surnommèrent tout le Vème siècle, qui vit l'ascension, l'apogée et le déclin d'Athènes à la suite de la mort de son génial stratège, le "siècle de Périclès".
Périclès était le mari d'une de ses parentes, mais on ignore son nom. Tout ce que l'on sait sur elle, c'est qu'elle lui donna 2 fils, Xanthippos et Paralos, et que, leur vie commune n'allant pas très bien, Périclès la céda, avec son consentement, à un autre mari, tandis que lui-même prit pour épouse Aspasie, une femme originaire de Milet, fille d'un certain Axiochos, qui était fort intelligente: elle recevait parfois la visite de Socrate et de ses disciples, et ceux qui la fréquentaient lui amenaient leurs épouse pour leur faire entendre sa conversation. Selon Platon, dans son Ménéxène , elle enseignait aussi la rhétorique à certains Athéniens.
Toujours est il que Périclès était tombé follement amoureux d'elle, et l'aimait avec une tendresse exceptionnelle: chaque jour, dit-on, en quittant sa maison et en y revenant, il la couvrait de baisers, et il alla même jusque l'embrasser en public, ce qui inspira un profond dégoût aux Athéniens présents. Les auteurs comiques n'hésitèrent pas à la railler, allant même, dans le cas du poète Cratinos, jusqu'à la traiter de " pornai ", de prostituée. Mais la renommée d'Aspasie était immense, à tel point que Cyrus, dit "le Jeune", celui qui organisa en 401 une expédition contre son frère, le roi Artaxerxès, et qui périt à la bataille de Couaxa, donna le nom d'Aspasie à sa concubine préférée, qui s'appelait auparavant Miltô.
Périclès eut d'elle un bâtard, et Eupolis, un auteur comique du Vème siècle, le montre, dans ses Dèmes, en train de s'enquérir de ce garçon.

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#Posté le samedi 18 novembre 2006 08:57

Charles Ier

I. Biographie

Charlemagne est le plus illustre représentant des souverains de la dynastie carolingienne.
Petit fils de Charles Martel, il est le fils de Pépin III, dit le Bref et de Berthe de Laon dite au Grand Pied.

II. Histoire

Charlemagne serait vraisemblablement né à « La Préalle » à Herstal. Il fut ensuite emmené à Jupille, où résidait son père Pépin le Bref. (Herstal et Jupille se situent aujourd'hui dans la banlieue de la ville de Liège en Belgique et étaient à l'époque le lieu de résidence d'une bonne partie des souverains des dynasties mérovingienne et pippinides, ancêtres des Carolingiens). D'autres lieux de naissance sont également évoqués : Aix-la-Chapelle, Düren, Prüm, Quierzy-sur-Oise.
Charlemagne serait vraisemblablement né le 2 avril 742, mais là-aussi, certaines analyses suggèrent le 1er avril 747, le 15 avril 747 ou le 1er avril 748.

III. Son arrivée sur le trône

À la mort de Pépin le Bref, le 24 septembre 768, ses deux fils Charles (futur Charlemagne) et son frère Carloman furent tous deux élus rois, le 9 octobre 768, par une assemblée populaire ; Charles se vit attribuer la partie de territoire que possédait son père, et Carloman le royaume qui avait été celui de leur oncle Carloman. En 771, soit après un peu plus de trois années de règne et de paix relative entre les deux frères, Carloman décède. Charles usurpe alors rapidement la place de ses neveux. La veuve de Carloman, Gerberge, se réfugie en Italie avec ses fils et quelques partisans, et Charles, alors âgé de vingt-neuf ans, est élu souverain de tout le royaume franc.
La guerre entre Charlemagne et les SaxonsIl avait remporté dès 770 une victoire complète sur les peuples d'Aquitaine, qui voulaient se rendre indépendants. Lorsqu'il se trouva seul maître de la France, il étendit partout ses conquêtes. Charlemagne commenca à agrandir son royaume vers le nord et l'est (Bavière, Saxe, Frise), vers l'ouest (Bretagne) et vers le sud (nord de l'Èbre en Espagne en 778, établissement de marches). Il fit, à partir de 772, une guerre acharnée aux Saxons, qui, commandés par Witikind, lui opposèrent une vigoureuse résistance, et il n'acheva de les soumettre qu'en 804 ; il se vit même contraint, pour prévenir leurs révoltes, d'en transplanter les habitants. En 774, il défit Didier, roi des Lombards, qui menaçait le pape, et s'empara de ses États. Il passa en Espagne en 778, et, malgré un échec subi à Roncevaux par son arrière-garde, que commandait Roland, présenté comme son neveu par la célèbre chanson qui porte son nom, il remporta plusieurs victoires sur les Sarrasins et conquit toute la Catalogne. Les Bretons n'aiment pas Charlemagne, qu'ils considérent comme un monarque germain (allemand). Pour se venger, Charlemagne envoie des forces considérables en l'an 786. Les envahisseurs ravagent la Bretagne, mais les Bretons ne se soumettent pas. Nouvelles invasions en 799 et 811, causant des ravages effroyables, mais sans soumettre les Bretons. En 788, il réduisit Tassillon, duc de Bavière, qui conspirait contre lui avec les Saxons, et ajouta ses États à son empire. De 791 à 798, il détruisit l'empire des Avars.
Sacre de Charlemagne. Chroniques de Jean FouquetÀ Noël 800, Charlemagne est couronné empereur des Romains par le pape Léon III. Toutefois dans ses actes le souverain se titrait « empereur gouvernant l'Empire romain, roi des Francs et des Lombards » (Karolus, serenissimus augustus, a Deo coronatus, magnus et pacificus imperator, Romanum gubernans imperium, qui et per misericordiam Dei rex Francorum et Langobardorum) Il est à noter que selon Eginhard, le biographe de Charlemagne, l'empereur serait sorti furieux de la cérémonie. En effet, Léon III a posé la couronne sur la tête du souverain, puis s'ensuivirent les acclamations et selon les Annales Royales, le rituel de la proskynèse, c'est-à-dire que le pape se serait agenouillé devant l'empereur. Charlemagne aurait préféré qu'on suive le rituel byzantin, c'est-à-dire acclamation, couronnement et enfin adoration. Selon les lettrés tels que Alcuin, le prince idéal a un but religieux, il doit lutter contre les hérétiques et les païens, y compris hors des frontières mais il a aussi un but politique : ne pas se contenter de la dignité royale et devenir empereur d'Occident. Léon III va dans ce sens mais pour lui le pouvoir spirituel l'emporte sur le pouvoir temporel, ce qui expliquerait cette organisation lors du couronnement de Charlemagne.
Il entretient des relations diplomatiques avec le calife de Bagdad, Harun ar-Rachid duquel il reçoit en cadeau, entre autres, un éléphant blanc nommé Abul-Abbas, en 797 ou 801 selon les sources.
L'empire de CharlemagneEn 813, il associa son fils Louis à l'empire. Il mourut peu après, en 814. Le vaste empire de Charlemagne était borné à l'ouest par l'océan Atlantique (sauf la Bretagne), au sud, par l'Èbre, en Espagne, par le Volturno, en Italie ; à l'est par la Saxe, la rivière Tisza, les monts Krapacks et l'Oder ; au nord par la Baltique, le fleuve Eider, la mer du Nord et la Manche ; l'empereur résidait le plus souvent à Aix-la-Chapelle, il faisait visiter chaque année toutes les provinces de son vaste empire par des Missi dominici, hauts commissaires chargés d'en assurer l'unité et de faire respecter partout le pouvoir central.
Cet empereur fut mis au nombre des saints par l'antipape Pascal III ; sa fête fut fixée au 28 janvier. Il est le patron de l'université de Paris, qui le fête encore annuellement au XIXe siècle.

IV. Chronologie

.2 avril 742 : Naissance de Charlemagne.
.768 : Début du règne de Charlemagne, roi des Francs. Couronnement à Noyon. Il règne avec son frère Carloman jusqu'en 771.
.770 : Charlemagne remporte une victoire complète sur les peuples d'Aquitaine, qui voulaient se rendre indépendants.
.771 : Charlemagne règne seul, après la mort de son frère Carloman.
.772 : Début des guerres de Saxe.
.774 : Soumission des Lombards.
.778 : Début des guerres contre les Maures.
.788 : La Bavière perd son indépendance.
.25 décembre 800 : Charlemagne, roi des Francs, est couronné empereur d'Occident à Rome par le pape Léon III. Début du nouvel Empire d'Occident.
.804 : Soumission des Saxons après 32 ans de guerres.
.812 Par le traité d'Aix-la-Chapelle, l'empereur d'Orient Michel Ier reconnaît Charlemagne comme empereur d'Occident.
.813 : Il associe son fils Louis à l'empire.
.28 janvier 814 : Mort de Charlemagne.

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#Posté le samedi 18 novembre 2006 09:08

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